Voici ce qui revient dans toutes les conversations de nouveaux arrivants.
Le rapport au temps
Les rendez-vous sont indicatifs, les délais élastiques, et l'urgence n'a pas le même sens. Ce n'est pas du désintérêt : c'est un autre rapport au temps.
S'en agacer ne change rien. Prévoir des marges, si.
L'absence de confrontation directe
Le « non » frontal est rare. On te dira « inshallah », « je vais voir », « c'est possible ». Il faut apprendre à décoder, et à ne pas prendre un acquiescement poli pour un engagement.
La hiérarchie sociale visible
La stratification par nationalité et par fonction est évidente au quotidien, et elle met mal à l'aise. Elle est réelle et elle ne se discute pas publiquement.
La climatisation partout
Réglée très bas, au point qu'on emporte un pull en plein été. C'est déroutant, et on s'y fait.
Le rapport à l'espace public
Peu de vie de rue, peu de marche, tout se passe à l'intérieur ou en voiture. Pour un Européen habitué aux terrasses et aux places, c'est le changement le plus profond.
La générosité de l'accueil
Le silence sur certains sujets
Politique, religion, situation sociale : ce ne sont pas des sujets de conversation ordinaire. Ce n'est pas de la dissimulation, c'est un code social.
Ce qui s'estompe
La plupart de ces surprises disparaissent en six mois. Ce qui reste, c'est le rapport au temps — et il finit par déteindre agréablement.