Quand on prépare une expatriation, on compare des taux d'imposition et des coûts de la vie. On ne compare pas la sécurité, parce qu'on ne sait pas la mesurer. Puis on arrive, et on s'aperçoit qu'elle change tout.
Ce que ça veut dire concrètement
Laisser son téléphone sur une table de café en allant commander. Laisser sa voiture ouverte le temps d'une course. Rentrer à pied à deux heures du matin sans y penser. Laisser un enfant jouer dehors sans surveillance permanente.
Ce ne sont pas des anecdotes de brochure : c'est le quotidien.
Pourquoi c'est aussi calme
Trois raisons se combinent.
La première est la richesse : la pauvreté de subsistance, moteur d'une grande partie de la petite délinquance, n'existe pratiquement pas dans le pays.
La deuxième est le statut des résidents étrangers. Un délit peut entraîner la perte du permis de résidence et l'expulsion, c'est-à-dire perdre son travail, son logement et son avenir d'un seul coup. La dissuasion est d'une nature qu'on ne connaît pas en Europe.
La troisième est la présence policière et la vidéosurveillance, très étendues, dans l'espace public comme sur les routes.
Et la surveillance, on la sent ?
Non. Et c'est le point que je veux souligner, parce qu'il va à l'encontre de ce que la plupart des gens imaginent avant de venir.
Les caméras sont partout, la police est présente, et on ne s'en aperçoit tout simplement pas au quotidien. Pas de contrôles d'identité dans la rue. Pas de patrouilles pesantes. Aucune sensation d'être observé ou fiché. On vit sans y penser une seule seconde.
Au contraire : c'est précisément parce que ce dispositif est invisible qu'on se détend aussi vite.